Qu’est-ce que « Écrire un article » à l’heure des médias sociaux ? Comment l’usage des médias sociaux modifie nos pratiques.

, par Delphine Regnard

Le Clémi de Versailles s’est résolument engagé dans l’accompagnement de production de journaux scolaires sous forme numérique. Cet article propose quelques pistes pour vous y aider.

Si l’on tape dans un moteur de recherche les mots-clés « écrire » et « web », on tombe rapidement sur nombre de sites qui donnent des conseils pour cette écriture spécifique qui, si elle est en continuité avec celle, traditionnelle, de l’écriture sur papier imprimé, multiplie les supports et les canaux de sa diffusion. Cependant, qu’en est-il de nos pratiques pédagogiques lorsque à notre tour nous proposons à nos élèves d’écrire un journal (sous la forme d’un blog [1]), donc des articles ? Élèves comme professeurs imaginent d’abord, bien sûr, écrire un « texte ». Or, le rapide tour d’horizon des sites référencés par la recherche mentionnée ci-dessus permet de se rendre compte assez vite qu’écrire pour/sur le web, c’est multiplier les formats et donc les « gestes » d’écriture : chacun va ainsi pouvoir trouver sa place selon ses capacités et ses envies.

Les questions fondamentales

- Pour qu’un journal survive à ses premiers numéros, il doit trouver sa ligne éditoriale et des lecteurs. C’est encore plus vrai pour un journal sous forme de blog (un webzine) car la spécificité de cette publication réside dans la fonction commentaires, or si aucun commentaire n’est posté, on aura très vite la sensation de n’être pas lu. Le comité de rédaction devra se mettre d’accord sur la modéraion de ces commentaires : un commentaire très bien écrit mais qui reste entièrement dans la critique négative de tel article qui aura demandé du temps et des efforts sera-t-il publié au risque de décourager ? On voit comme la publication "réelle" sur internet permet des réflexions importantes pour nos élèves. On peut également ajouter des boutons de partage sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter : là encore le nombre de partages va contribuer à la satisfaction de voir son journal lu. On peut ainsi remarquer sur les sites des médias en ligne comme le nombre de commentaires et de partages est valorisé, preuve qu’il se joue là une des spécificités importantes de l’édition en ligne.

- Le destinataire. Avec le web, et donc les moteurs de recherche et les réseaux sociaux, la recherche du lectorat se fera selon deux intentions :

  • donner envie de lire par un titre accrocheur (on s’adresse alors au lecteur)
  • donner des mots clés informant sur le contenu (on s’adresse alors aux moteurs de recherche)

Les différentes écritures

- Pour écrire un journal diffusé sur le web, on aura recours à différents formats et donc à différentes écritures, qui permettront à tous de s’impliquer dans un même projet et de valoriser chacun ses compétences : texte long, texte court (titre, mais aussi relais sur Twitter par exemple), photo, vidéo, son (sous forme d’un podcast), images, recherche de liens pour enrichir l’article...

- La lecture sur écran modifie l’écriture :

  • Les articles devront être plus courts (ce qui permet par exemple en coupant un article un peu long de créer facilement un feuilleton).
  • La mise en page devra être imaginée avec l’idée que l’on entre rarement par la page d’accueil et davantage par un lien qui conduit à un article. Ainsi, il faut amener les élèves à réfléchir à ce qui doit figurer sur la même page que l’article pour que le lecteur comprenne où il se trouve et ait envie de parcourir d’autres pges. On pourra par exemple ajouter des "widgets" texte qui expliciteront cela - encore une occasion d’écrire pour le journal.
  • Comment concilier texte, photo et vidéos pour un équilibre informatif et non décoratif voire confus ?
  • Une écriture sans fin ? en sollicitant ses lecteurs et en leur permettant d’agir via des boutons de partage, des commentaires, le référencement de tel article, un média en ligne s’écrit donc sous une forme dialogique peut-être plus facile pour les élèves à s’approprier. Il ne s’agira donc pas d’écrire un exposé sur tel thème mais bien de lancer un débat, de proposer une réflexion, un point de vue. Et ensuite de répondre à ses lecteurs.

Les principes essentiels

  • Une idée par paragraphe, voire une idée par article, conseille Ph. Mettout dans son excellent exposé « Écrire pour le web » auquel nous vous renvoyons.
  • Une construction en pyramide inversée ? Elle va de l’information la plus pertinente à la moins importante, qui permet, de plus, aux moteurs de recherche de trouver votre article par recherche de mots clés.
  • Cependant, tout l’enjeu est de maintenir l’attention et l’intérêt du lecteur : ne risque-t-il pas de quitter l’article si celui s’amenuise ? Il faut donc enrichir l’article par les différents médias possibles : texte, images, vidéos, sons, sondage, citation, galerie de photos...
  • Les 3 C : copier coller...citer ! Intégrer des liens dans l’article pour citer ses sources ou l’enrichir est une excellente façon de faire réfléchir au fameux geste du copier coller
  • Une publication régulière, c’est-à-dire fréquente mais selon un calendrier fixé et connu des lecteurs. Elle sera ainsi stimulante pour les apprentis-journalistes et permettra de fidéliser le lectorat.

Nos conseils

  • Proposer différentes écritures selon les envies et les possibilités des élèves concernés par le projet : écriture des titres, recherche de liens, rédaction de textes intégrés en widgets, images (personnelles et récoltées sur le net), vidéos, sons (interviews, lectures...), commentaires...
  • Concevoir le journal en ligne comme un dispositif  : le journal lui-même étant sous la forme d’un blog multimédia, relayé par un fil Twitter, une page Facebook, une rubrique sur le site de l’établissement, un mail envoyé sur l’ENT...C’est ainsi à un véritable projet d’établissement que l’on convie l’ensemble de la communauté éducative puisqu’elle peut y participer en "lisant" c’est-à-dire en commentant, partageant, "likant", "retweetant"...

Sitographie :

Pour cet article, nous avons utilisé les articles de
- Marc Mentré, « écrire pour le web : c’est la structure, imbécile ! »
- Ph. Mettout, « Écrire Web en 2012 »

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