Charte ou diktat ?

, par Michel Guillou

Wikipedia nous explique que « ...la floraison des chartes entre le XIe siècle et le XIVe siècle est liée à l’essor des usages de l’écrit, des institutions judiciaires et des droits écrits. ». Le tout nouvel engouement qu’on peut observer à ce sujet n’est-il pas la preuve qu’Internet bouleverse autant les liens sociétaux que l’imprimerie ? Peut-être conviendrait-il alors dans ces circonstances de fixer règles communes et convenances ?

Qui n’a pas sa charte ? Le moindre service en ligne est aujourd’hui accompagné d’un document ennuyeux à mourir, en caractères si petits qu’ils en sont illisibles, dans des blocs de textes mal formatés et mis en page. Personne ne cherche d’ailleurs à vous le faire lire, ni même à ce que vous le signiez ! Ça s’appelle une « charte » !

Si le mot de charte avait vu son sens évoluer peu à peu jusqu’à prendre l’acception d’un document contractuel mais aussi surtout consensuel, dont les termes-mêmes avaient pu être débattus, voire amendés par les usagers, expliqués à ces derniers (se reporter à ce sujet au MemoTice idoine), il est maintenant à nouveau compris la plupart du temps comme un ukase administratif de plus, nouvel appendice du règlement intérieur ou d’un décret auquel on ne touche pas.

Après la peur, l’anxiété, l’annonce de désastres, (voir les éditos précédents), c’est maintenant l’autorité, le diktat qui s’imposent pour combattre ce support de médias auquel personne ne comprend rien et dont tout le monde sait qu’il dérange...

Curieux ! Et surtout désarmant ! Et enfin très loin des valeurs portées habituellement par le système « éducatif »...

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