Éthique : France - La charte du journaliste (1918)

, par jsb

La Charte du journaliste a été adoptée en 1918 par le Syndicat national des journalistes. Il s’agit bien sûr d’une réaction vis-à-vis de la censure et du « bourrage de crâne » qui ont lourdement pesé sur la presse pendant la guerre. Mais c’est aussi la volonté de marquer une rupture avec la presse de la fin du XIXe siècle, dont trop souvent les plumes étaient vendues au plus offrant !

« Un journaliste digne de ce nom prend la responsabilité de tous ses écrits même anonymes :

  • tient la calomnie, les accusations sans preuves, l’altération des documents ;
    la déformation des faits, le mensonge pour les plus graves fautes professionnelles ;
  • ne reconnaît que la production de ses pages souveraine en matière d’honneur professionnel ;
  • n’accepte que des missions compatibles avec la dignité professionnelle ;
  • s’interdit d’invoquer un titre ou une qualité imaginaires, d’user de moyens déloyaux ;
    pour obtenir une information ou surprendre la bonne foi de quiconque ;
  • ne touche pas d’argent dans un service public ou une entreprise privée où sa qualité ;
    de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d’être exploitées ;
  • ne signe pas de son nom des articles de réclame, commerciale ou financière ;
  • ne commet aucun plagiat, cite les confrères dont il reproduit un texte quelconque ;
  • ne sollicite pas la place d’un confrère, ni ne provoque son renvoi en offrant de travailler
    à des conditions inférieures ;
  • garde le secret professionnel ;
  • n’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée ;
  • revendique la liberté de publier honnêtement ses informations ;
  • tient le scrupule et le souci de la justice pour des règles premières ;
  • ne confond pas son rôle avec celui du policier. »

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