Filmer sans tablettes ? La webTV avec un caméscope

, par Martin Gibon

Tous les établissement ne sont pas équipés de tablettes. En revanche, il y a toujours un caméscope qui traîne ici ou là. Voici quelques conseils pour ne pas perdre trop de temps au montage !

Prise de son

Rares sont les caméscopes qui proposent encore une entrée micro. Et cela est bien dommage ! Si vous utilisez le micro interne de votre caméscope, vous n’aurez pas d’autre choix que de faire des plans les plus rapprochés possible de votre source sonore. Le plan poitrine sera donc votre plan privilégié. La directivité du micro vous obligera à filmer vos sujets uniquement de face.
Exemple de plan rapprochés : A droite le plan poitrine, à gauche le plan épaules.

Si vous avez la chance d’avoir une prise micro sur votre appareil, n’hésitez pas un seul instant : branchez un microphone !

Quel micro choisir ?

Vous avez le choix entre trois types de micros :
Le micro sur perche
Un micro fixé au bout d’une perche elle-même tenue par un élève, est raccordé au caméscope par une rallonge de trois à cinq mètres. Le micro sera approché au plus près de la source sonore (la bouche) sans entrer dans le champ de la caméra. C’est la solution la plus polyvalente mais aussi la plus onéreuse. Elle permet de faire aussi bien de la fiction que du reportage ou un magazine TV en classe. Comptez cent à deux-cent euros pour un micro alimenté par une pile (micro à condensateur) et une une cinquantaine d’euros pour la perche.
Source des images : Rode


Le micro cravate
Ce micro relativement discret permet d’assurer une captation régulière de la voix. Le micro fixé sur les vêtements reste à la même distance de la source sonore et toujours tourné vers la bouche. Il ne coûte pas très cher, cinquante à soixante euros environ. Il a cependant trois défauts :

  • Il ne peut capter la voix que d’un élève à la fois.
  • L’élève est physiquement lié au caméscope par la rallonge audio qui traîne généralement par terre et se prend dans les pieds de tables ou de chaises.
  • Il est sensible aux bruissements du tissu.

Source de l’image : Sennheiser

Le micro « main »
Typiquement le micro du reporter ou du chanteur, il a la qualité de ses défauts :

  • Il n’est pas discret et c’est un parti pris de filmer les élèves avec le micro au poing. Difficile de s’en servir dans une fiction mais pour l’EMI, il permettra d’approcher le capteur au plus près de la bouche.
  • C’est le microphone recommandé en milieu bruyant (cour d’école, salle de classe etc...). Il est très directif : il ne capte que les sons les plus proches et devant lui.
  • Il est économique, un grand nombre de micros sont disponibles de 50€ à 100€.
    Conseil : choisir un microphone de chant dynamique cardioïde et un câble muni d’une prise minijack pour se raccorder au caméscope.
    Source de l’image : Shure

Pied photo

Le pied est un accessoire indispensable. Il permet de faire des plans fixes de qualité. Si l’on fait plusieurs prises, inutile de régler plusieurs fois le cadrage et la mise au point. Si toutes les prises sont réalisées avec les même réglages, on peut plus facilement les mélanger au montage. Le pied photo permet également de faire des panoramiques lents et réguliers. Il coûte aux alentours de 50€.
Source image du pied : Manfrotto

Lumières

L’éclairage n’est pas indispensable mais permet lorsqu’il est bien géré, d’améliorer fortement la qualité de l’image et de mettre en valeur le sujet (visage, corps, objet etc...). Pour simplifier les manipulations, mieux vaut utiliser des projecteurs à led conçus pour la photo.
Vous pourrez choisir entre deux types d’éclairage :

  • Les éclairages portatifs

Ces lumières d’appoint sont peu puissantes mais elle fonctionnent sur batterie (pas de fil !) et se fixent directement sur le caméscope.
Source de l’image : Manfrotto

  • Les éclairages sur pied

Privilégier les éclairage avec diffuseur (comme sur la photo). Ces éclairages onéreux, encombrants, filaires et fragiles vous permettront cependant d’obtenir une lumière de qualité dans vos locaux.
Source de l’image : Kaiser

Utiliser un fond vert

On peut faire de l’incrustation sur un fond de n’importe quelle couleur à condition que sa couleur soit parfaitement unie et qu’il n’y ait pas d’ombres ou de halo lumineux sur ce fond. Aucun objet ou vêtement filmé ne doit avoir la même couleur que le fond. Alors pourquoi un fond vert ? Parce que le vert est une couleur rare sur les vêtements (en particulier dans le monde du spectacle). Conseil : éclairer le fond pour atténuer les ombres portées des personnages.
La plupart des logicels de montage se chargent de remplacer le fond de couleur uni par l’image ou la vidéo de votre choix. Windows Movie Maker ne permet pas ce genre de trucage mais ce n’est pas très compliqué à réaliser avec Kdenlive ou Pinnacle.

Les logiciels de montage

  • Windows Movie Maker
    Ce logiciel est très populaire car il est simple à utiliser et fréquemment installé dans les établissements scolaires. Pour des montages simples, il sera parfaitement suffisant. Ces principaux défauts : il ne peut gérer que deux pistes audio et le découpage des vidéo est peu précis. Attention : actuellement (2017) le logiciel n’est plus soutenu par Microsoft. Il peut néanmoins être téléchargé gratuitement sur des sites tiers (télécharger.com, Commentcamarche.net, clubic.com etc...).
  • I Movie
    C’est l’équivalent de Windows Movie Maker sur Mac. XXX
  • Kdenlive
    Il s’agit d’un logiciel libre fonctionnant sous Linux et Windows. Ce logiciel très complet rivalise avec les logiciels professionnels. Pour les projets ambitieux, c’est celui-ci que nous vous conseillons. Si les fonctions basiques de montage sont très intuitives, attention à ne pas se perdre dans les menus des fonctions avancées.
  • Resolve
    Reslove est un logiciel actuellement gratuit (mais non libre) distribué par une célèbre marque de caméras professionnelles. Disponible du Windows et Mac, en anglais uniquement, ce logiciel est très complet lui-aussi. Attention cependant : Resolve est gourmand en ressources, il faut un ordinateur puissant pour s’en servir.
  • Pinnacle
    Pinnacle est l’un des logiciels payants d’entrée de gamme (50€ environ) les plus populaires. Il propose également toutes les fonctions de bases faciles d’accès mais aussi des outils plus avancés comme le fond vert.
  • Premiere, Final cut, Vegas etc...
    Il s’agit là de logiciels professionnels ou semi professionnels dont la popularité dépend des dernières mises à jour et des modes du moment. De 80€ à un abonnement annuel de 700€, il s’agit pour la plupart d’entre eux de logiciels dont l’utilité ne se fera sentir que pour les filières professionnalisantes de l’audiovisuel.

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