L’économie collaborative

, par Ghislaine Mézin, Sylvain Joseph

Cet article à été initialement diffusé dans le numéro de septembre du journal Epicure (version collège en page 10 et version lycée en page 10)

Réserver une voiture avec chauffeur ou un logement touristique, proposer ses services ou ses connaissances, échanger des vêtements, participer à un projet collaboratif, le tout sur des plateformes en ligne sont autant de nouvelles formes de travail et de consommation fondées sur le partage, la mutualisation et l’échange.

Dans un contexte de crise économique, de défiance face à l’économie de marché, de nouveaux modèles apparaissent : l’économie collaborative, de partage. Quels sont les différents usages en lien avec ces modèles économiques ? Comment les réseaux sociaux ont permis de les démocratiser ? Quelles en sont les limites ?

Modèle économique : utiliser plutôt que posséder

L’économie collaborative est un modèle économique de pair à pair avec ou sans échange monétaire. Si cette forme d’économie n’est pas nouvelle, les réseaux sociaux l’ont démocratisée en facilitant la mise en relation directe entre particuliers.
Ce modèle repose sur la confiance : confiance dans le prestataire (appui sur les évaluations), mais aussi confiance pour le paiement (mise en place du paiement en ligne sécurisé). Il répond à des motivations écologiques (volonté de faire durer les objets et de produire moins de déchets), mais surtout économiques (augmenter son pouvoir d’achat).
On assiste de plus en plus à une ubérisation de la société.

Ubérisation
Etymologie : néologisme provenant du nom de l’entreprise Uber qui offre un service de voiture de tourisme avec chauffeur.
Principes : Un service ubérisé comprend :

  • une plateforme numérique de mise en relation entre le client et le prestataire.
  • une réactivité maximisée par la mise en relation immédiate du client et du prestataire par proximité géographique.
  • un paiement à la plateforme qui prélève une commission.
  • un paiement du prestataire conditionné par l’évaluation faite par le client de son service.

Une nouvelle façon de produire, de distribuer, de consommer et d’échanger

L’optimisation de l’usage des espaces, des objets et des services diminue les coûts de fonctionnement, ce qui permet de proposer des prix attractifs et fortement concurrentiels. De nombreux réseaux s’organisent pour créer des outils partagés et mutualiser les savoirs et le travail.

  • Ainsi sont nés de nouveaux espaces comme les « fablabs » qui sont des lieux ouverts au public dans lesquels sont mis à disposition des outils et/ou des machines-outils pour concevoir et créer des objets ou encore les ateliers de réparation où il est possible d’effectuer soi-même une réparation tout en bénéficiant des conseils d’un expert.
  • On assiste également au développement de services de proximité très réactifs permettant de mettre à profit ses compétences pour obtenir un revenu complémentaire, mais aussi de bénéficier de coûts avantageux en tant que consommateur (pour des petits travaux, une garde d’enfants…)
  • La mutualisation des savoirs a donné naissance à la plus grande encyclopédie : Wikipédia.
  • La finance n’est pas exclue de cet élan collaboratif, le « crowdfunding » est une branche alternative au prêt bancaire classique. Il s’agit d’un mode de financement participatif sous forme de prêts, de dons, de financements avec ou sans contrepartie.

Des questions en suspens

L’économie collaborative modifie notre rapport au travail et à la consommation. Elle définit une organisation horizontale du travail et permet ainsi à chacun d’être tour à tour un consommateur, un distributeur ou un producteur. Elle bouscule les lignes en matière d’éthique, de droit du travail et de législation sociale et fiscale.
Comment protéger les acteurs de l’économie classique face à la concurrence des plateformes collaboratives ? Quelle protection sociale pour tous ces non-professionnels qui offrent leurs services ? Ce modèle économique est-il viable ? Sans être exhaustif, c’est cependant autant de questions auxquelles il faudra répondre dans les prochaines années.

Test de positionnement : Es-tu un acteur de l’économie collaborative ?

Question 1 : Tu veux partir en vacances et tu cherches un hébergement.
♣ Tu demandes à un membre de ta famille de t’héberger.
♠ Tu cherches un hébergement sur airbnb ou un couchsurfing.
♦ Tu cherches une chambre d’hôtel ou un camping.


Question 2 : Question 2 : Tu observes une fuite sous ton lavabo.
♦ Tu appelles un plombier professionnel.
♣ Tu t’adresses à ton entourage.
♠ Tu postes un message sur une plateforme collaborative d’entraide.


Question 3 : À quelle fréquence te rends-tu dans un atelier collaboratif ?
♣ Ponctuellement.
♦ Jamais.
♠ Régulièrement.


Question 4 : Tu souhaites changer de look et refaire ta garde-robe.
♦ Tu te rends en magasin pour acheter.
♠Tu participes à un troc vestimentaire.
♣Tu te rends dans un dépôt vente.


Question 5 : Tu souhaites proposer tes services pour garder des enfants.
♣ Tu rédiges des petites annonces que tu déposes chez les commerçants.
♠ Tu rédiges une annonce sur une plateforme en ligne.
♦ Tu proposes tes services uniquement à ton entourage.

Réponse

Tu as une majorité de ♠ : Tu es un acteur de l’économie collaborative numérique.
Ce type d’économie correspond à ta philosophie de vie : partager et protéger la planète. Tu es un utilisateur régulier des plateformes de services en ligne. Tu t’engages également en proposant tes services.

Tu as une majorité de ♣ : L’économie collaborative oui, en ligne non.
Tu es attentif à ta façon de consommer, réutiliser, recycler, s’engager en privilégiant le contact humain et non les services en ligne.

Tu as une majorité de ♦ : Tu un acteur de l’économie traditionnelle.
Tu préfères t’adresser à un professionnel clairement identifié, à une enseigne ayant pignon sur rue. Le lien avec un professionnel est, pour toi, un gage de confiance.

P.-S.

Crédit logo : Tira94 via Wikipédia

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