La SPME au lycée Van Gogh à Aubergenville (78)

, par Sylvain Joseph

Compte-rendu de l’intervention de Christine MURATET et Nicolas CHAMPEAUX de RFI service Afrique au lycée Van Gogh à Aubergenville. Le projet est portés par deux enseignants d’histoire-géographie, Maryse Broustail et Frédéric Gueguen.

L’intervention s’est faite dans le cadre de la semaine de la citoyenneté et de la presse, lors d’un « café-débat » pendant 1h30, avec une quinzaine d’élèves de 2nde et de Tale. Les journalistes se sont d’abord présentés, ont présenté RFI en rappelant la particularité de cette radio plus écoutée à l’étranger qu’en France, et appartenant au groupe France Média Monde et non Radio France. Ils ont expliqué comment se construit l’information, par le recoupement des sources, par un travail d’enquête et d’investigation. Ils ont échangé avec les élèves sur leurs pratiques informatives : certains élèves lisent la presse écrite, 20 minutes, Le Parisien, Les Echos, parfois Le Monde et Libération. S’ils écoutent les informations à la radio, c’est dans la voiture avec leurs parents. Ils suivent aussi les actualités via les réseaux sociaux, et à la télé notamment via Le Petit Journal sur Canal +.

Journalisme et déontologie

Les journalistes ont rappelé qu’en matière de citoyenneté, les médias ont une responsabilité, et que diffuser une information a un impact qu’il faut évaluer. Ainsi lorsque l’AFP annonce la mort de Martin Bouygues [1] à partir d’une seule source non directe, ils entraînent de la peine, des conséquences économiques sur le cours de l’action Bouygues... Ils expliquent qu’avant de diffuser une information par un « papier » (ainsi appelé même à la radio), elle est vérifiée plusieurs fois, par différentes personnes et à différents moments pour voir si elle ne doit pas être actualisée.

La diffusion d’une vidéo « Info/Intox » réalisée par France 24 pour cette semaine de la presse sert de base pour faire réagir les élèves sur l’esprit critique qu’ils doivent avoir sur l’information, qu’ils fassent eux-mêmes attention aux sources et recoupent les infos avant de les diffuser par re-tweet ou partage sur les réseaux sociaux, qu’ils réfléchissent aux éventuelles théories du complot. L’idée est qu’ils prennent le temps de l’information, car la réaction à chaud porte à conséquence si l’information rediffusée est fausse ou erronée. Ils doivent exercer leur esprit critique, sans pour autant être toujours dans la défiance face aux médias. Le mieux est de lire plusieurs sources, même avec des lignes éditoriales différentes et pas forcément celle proche des idées de celui qui cherche l’information. Ils parlent aussi de la rubrique « Désintox » dans Libération qui déconstruit certains discours, parfois d’hommes politiques qui inventent des prétendues études INSEE pour appuyer leur discours. Mais un homme politique qui parle au JT de 20h touche plusieurs millions de personnes, alors que les lecteurs de cette rubrique de Libération ne touche que quelques dizaines de milliers de personnes. Ainsi Georges W. Bush avait réussi à convaincre tous les médias américains de la nécessité d’intervenir en Irak en 2002-2003 du fait de l’existence d’armes de destruction massive, alors que par la suite cela s’est avéré infondé.

Question de la liberté de la presse

Par un tour de table, les élèves expliquent quelles étaient leurs attentes par rapport à ce café débat. Beaucoup étaient intéressés par la question de la liberté de la presse suite aux attentats à Charlie Hebdo. Les journalistes reviennent sur l’idée que tout dire du fait de la liberté d’expression, sans filtrer et sans penser aux réactions du public peut parfois manquer de responsabilité, et que lorsque la Une de Charlie Hebdo est parue après les attentats, elle a parfois été floutée dans les médias étrangers, parce qu’il était nécessaire d’expliquer et de comprendre la démarche de Charlie Hebdo. Mme Broustail rappelle que la liberté d’expression est cadrée par la loi, mais que les lois sur la liberté d’expression sont différentes dans chaque pays, ce qui peut expliquer la différence de perception de la démarche de Charlie Hebdo.

Pour parachever cet échange, les journalistes proposent la visite de leurs locaux à Issy-les-Moulineaux. Il pourrait s’agir d’une visite à la journée, avec en matinée la visite des locaux pour comprendre comment s’organise une radio, un pique-nique dans le parc de St-Germain proche, puis les élèves pourraient assister au JT de 13h ou de 14h30 avant d’échanger sur celui-ci et de rentrer au lycée. Il serait souhaitable d’organiser cette visite en mai.

Enfin, dans l’idée de poursuivre l’éducation aux medias au lycée van Gogh, les enseignants réfléchissent à un projet inter-classes et aux formes qu’il pourrait prendre pour l’année scolaire à venir.

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