Les objectifs de la webradio scolaire

, par jsb

La radio à l’école a pour objectif principal de réduire les inégalités scolaires et de permettre, par le biais d’un outil motivant, une meilleure maîtrise de la langue écrite et orale, premier facteur de liberté dans un pays démocratique.

La parole en radio passe le plus souvent par l’écrit préparé. Les enfants et les adolescents ressentent le besoin de s’améliorer pour parvenir à un produit fini de qualité.

Faire de la radio, c’est écrire des textes, les assumer, être en cohérence avec son image. C’est grâce aux ateliers d’écriture mis en place pendant les stages et dans les classes que l’élève peut élaborer une recherche dans et par l’écriture, ou il apprend à lire les journaux, à comprendre l’actualité, à s’informer du monde qui l’entoure. C’est aussi pour les non-lecteurs, par des techniques de mémorisation, l’occasion de prendre la parole tout en étant confrontés à différents types d’écrits (conducteur d’émission, affiches, fiches diverses).

La maîtrise de la langue constitue le fondement même de l’existence d’une radio scolaire. Les jeux interactifs, la diffusion de l’émission dans l’école et sur les ondes, les critiques du comité radio, la circulation de cassettes d’émissions aux parents et la présence des parents lors de la diffusion sont des éléments internes et externes qui ne peuvent que motiver l’enfant à produire un écrit utile, social, dans lequel il se préoccupe d’utiliser un langage clair et adapté à ceux qui l’écoutent.

D’une manière plus spécifique, l’oral radio est un oral écrit qui s’adresse à l’ouïe. Toute gestuelle est supprimée, il faut trouver les mots justes, tenir en éveil, relancer une attention et faire en sorte que l’auditeur ait l’impression que l’on s’adresse à lui et à lui seul.

Outre cet objectif essentiel, la radio, intégrée à une pédagogie de projet, favorise par sa programmation, sa production et ses structures des conduites sociales telles que la responsabilité, l’autonomie, le respect, la prise de parole, l’esprit critique...

Ces compétences ne peuvent avoir que des effets bénéfiques sur le comportement de nos élèves.

Créer une émission de radio est une entreprise collective dans laquelle le travail de l’un dépend du travail de l’autre et où les décisions sont prises en commun.

C’est l’apprentissage de l’indépendance mais aussi de l’interdépendance et des responsabilités.

La classe, le groupe, l’enfant, l’adolescent s’engagent à produire dans un temps donné une émission. La date, les contenus et le nom des concepteurs sont affichés et connus des autres élèves A partir de ce moment là, les enfants acquièrent un statut particulier. Ils sont reconnus et savent que les autres enfants, les adultes de l’école, leurs parents comptent sur eux puisque rien ne peut se faire sans eux.

Ils vont ensemble chercher à aller toujours plus loin dans leur production, à faire le mieux possible pour les autres, pour leurs auditeurs.

Pendant la préparation des émissions (stages de journalisme, d’animation, de régie, de rédacteurs) l’enseignant guide l’enfant dans ses choix, lui donne des outils pour apprendre, l’aide à construire son savoir. II reconnaît les capacités de l’enfant, lui laisse le temps et le droit à l’erreur.

C’est grâce à ce travail, au moment de la diffusion en direct, que les enfants acquièrent la liberté de se gouverner et d’être indépendants au sein du collectif.

Ils assurent (ou assureront) tout seuls la régie. Dans le studio, les journalistes se succèdent sans erreur, en suivant le conducteur d’émission mis en place par le groupe. Cette organisation est décidée à l’avance par les élèves et les enseignants, chacun ayant un rôle à assurer, rôle qu’il a délibérément choisi.

L’enfant est autonome, dans un cadre sécurisant, entouré de l’adulte dont la présence et l’attitude vont favoriser l’apprentissage.

La radio est aussi un lieu de vie où droits et devoirs se conjuguent au quotidien. Chacun a droit au respect mais se doit aussi de respecter l’autre et son environnement. A la radio, les enfants peuvent aborder tous les sujets à condition de ne pas nuire à autrui. La liberté des thèmes et les débats qui suivent leur permettent de prendre la parole et de se faire entendre.

Pendant la diffusion, certaines règles élémentaires qui ne sont pas toujours respectées, le sont naturellement au studio c’est le respect de la parole de l’autre. Si les enfants cherchent à produire une émission de qualité qui sera écoutée et comprise, ils ne peuvent parler que chacun leur tour, dans l’ordre du conducteur. Ils s’habituent ainsi à écouter l’autre, à le respecter.

L’état d’auditeur peut être aussi passif que celui du téléspectateur. Le rôle de l’école est de dynamiser cette écoute, de la rendre active grâce aux jeux d’écoute interactifs, aux discussions engendrées par les émissions et dans certaines écoles, par le biais du comité radio composé de représentants des classes et chargé de la critique et de propositions constructives.

La radio est aussi un outil qui favorise la communication. L’enfant traite les grands problèmes du monde pour en informer ses camarades ; mais à l’heure où les médias occupent une place prépondérante dans la vie de l’enfant et de l’adulte, les stages de journalisme autour de l’information écrite, visuelle et radiophonique par le biais des revues de presse, permettent aux élèves d’exercer leur esprit critique et de comprendre la subjectivité de l’information. Cet apprentissage leur donne la possibilité d’accepter les critiques des autres enfants après les émissions, éléments indispensables à !’autocorrection, au perfectionnement.

L’activité radiophonique qui met en présence des élèves, des enseignants, des personnes extérieures au système éducatif, place l’enfant dans un contexte valorisant, et ce faisant, permet un épanouissement plus rapide de sa personnalité.

La radio met en place des modes de fonctionnement démocratiques qui donnent à chaque enfant la possibilité de participer à la prise de décisions et de s’approprier ces dernières plutôt que de les subir.

Les enfants y exercent des responsabilités, deviennent autonomes, respectent leurs droits et leurs devoirs, ce qui ne peut que renforcer collectivement le sentiment d’appartenance à la Cité en tant qu’espace central de la socialisation.

Gloria Bouaziz, ACTIC radio départementale

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