Lutter contre le harcèlement sur les réseaux sociaux par l’empathie

Partir des pratiques des élèves en lycée professionnel

jeudi 28 août 2025, par Maryse Broustail

Travailler les compétences émotionnelles des élèves sur les plateformes numériques

La séquence présentée ici a été réalisée dans le cadre du GTnum Feel Num, un dispositif qui fait collaborer universitaires et enseignants autour des compétences émotionnelles des élèves, notamment sur les plateformes numériques*. Elle s’inscrit dans l’éducation à l’empathie liée aux contenus haineux sur les réseaux sociaux.

Lutter contre le cyberharcèlement en préparant le Safer Internet Day

Logo du Safer Internet Day

Parmi les objectifs de la séquence, celui de lutter contre le cyberharcèlement en préparant le Safer Internet Day, ou journée internationale pour un Internet plus sûr. En France, l’événement est organisé par Internet Sans Crainte, et c’est l’un des temps forts du programme Phare.
Elle a été menée en cours d’EMC avec des élèves de CAP au lycée des métiers Escoffier à Eragny. Leur professeur de lettres/histoire-géographie-EMC, Kévin Zanotti, vise comme objectifs pédagogiques de :

  • permettre aux élèves d’exprimer leurs émotions malgré leurs difficultés en lecture et en écriture ;
  • recueillir et confronter les réactions des élèves sur des situations de cyberviolences, pour les mettre ensuite en rapport avec les normes légales ;
  • s’interroger sur les limites de la liberté d’expression, notamment sur les réseaux sociaux.

Une approche par études de cas

Avant l’activité d’accroche, le professeur a fabriqué des images de fausses conversations à caractère haineux, imitant des situations que les élèves peuvent rencontrer sur les réseaux sociaux, intégrées à un questionnaire en ligne.

Pour lancer la séquence, il les projette au tableau.

Emojis exprimant différentes émotions

Par l’intermédiaire du questionnaire, les élèves doivent exprimer leurs réactions sur chacune des situations proposées, en répondant aux consignes suivantes :

  • Choisissez votre émoji en réponse à ce fil de discussion (parmi les 6 proposés).
  • Quelle réponse pourriez-vous rédiger si vous étiez à la place de la personne victime de cyberviolence ?

L’une des conversations fabriquées ayant pour espace d’échange un groupe de classe fictif sur un réseau social, la consigne est cette fois : "Vous êtes dans ce groupe classe, et vous êtes témoin de cet échange. Quelle réponse feriez-vous ?".

En analysant les réponses anonymes et collectives des élèves, l’exercice permet de croiser les regards et de constater que selon les points de vue, l’interprétation de ces discours haineux diffère :

  • selon qu’on se place du point de vue des cyberharceleurs, ou de la personne cyberharcelée ;
  • selon l’interprétation donnée aux émojis ;
  • selon l’interprétation des situations proposées.

Une émission de webradio sur le cyberharcèlement

Après cette activité d’accroche, l’enseignant propose aux élèves de réaliser des recherches sur les définitions du cyberharcèlement et de sexisme, et sur les textes légaux qui encadrent la liberté d’expression et répriment les discours haineux. A partir de ces recherches et d’interviews des élèves ambassadeurs de la lutte contre le harcèlement du lycée, la classe réalise à l’occasion du Safer Internet Day une émission de webradio. Son but est notamment de faire connaître les dispositifs de lutte contre le harcèlement, dont le numéro 3018.


Pour aller plus loin

Pour approfondir le sujet, vous pouvez vous inscrire à la formation individuelle « L’EMI pour prévenir les cyberviolences », ou demander la formation en établissement « Réseaux sociaux, médias : exercer l’esprit critique ».

Pour en savoir plus sur le GTnum Feel-Num, rendez-vous sur le site de la DRANE.

Portfolio

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