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, par Audrey Plessis

Journaux et blogs scolaires, les pistes pour se lancer

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Réaliser un journal ou un blog permet de travailler de nombreuses compétences via un projet concret et gratifiant. Mais comment faire en pratique ? Voici quelques éléments indispensables à considérer avant de se lancer. Certains points peuvent aussi être abordés avec les élèves dès les premières heures.

Qui impliquer ?

L’idéal est de porter ce projet à plusieurs. Parmi les personnes à solliciter, les collègues enseignants, dont le professeur documentaliste dans le second degré, mais aussi les personnels administratifs qui pourront être intéressés par les aspects citoyens et fédérateurs du projet, la possibilité d’établir un autre rapport avec les élèves et/ou l’opportunité de communiquer sur l’actualité de l’établissement.

Peut-être est-il aussi possible d’impliquer d’autres adultes, extérieurs à l’établissement, qui interviendraient ponctuellement et pourraient porter un regard différent sur le travail des élèves et aider à créer du lien vers l’extérieur (professionnels des médias, y compris communaux, équipe de la Maison des Jeunes et de la Culture, parents...).

La direction doit bien bien entendu être informée du projet et donner son accord.

En école et collège, le directeur est responsable de la publication sur le plan juridique et donc « directeur de publication » du journal ou du blog.

En lycée, ce rôle peut être assumé par une autre personne, choisie par la rédaction du journal et qui peut être un mineur de plus 16 ans.
Ce qui n’empêche pas d’impliquer le chef d’établissement dont le soutien est précieux tant pour faciliter la mise en place du projet (alignement d’emploi du temps, budget alloué…) que pour valoriser les élèves (mention du projet dans les parcours, ligne ajoutée au bulletin…) et leur production. L’équipe de direction peut aussi avoir des pistes concernant les acteurs à solliciter et apporter ses conseils sur les sujets polémiques.

Avec quels élèves et sur quels créneaux ?

En fonction de sa discipline et/ou du type d’établissement (école, collège ou lycée ; avec ou sans internat, cours du soir ou plages libérées pour le travail en autonomie…), le groupe d’élèves peut être déjà constitué (classe, demi-pensionnaires ou internes d’un niveau donné…) ou formé de volontaires issus d’un ou plusieurs niveaux.

La question des créneaux pouvant être dédiés à la réalisation du média dépend directement des collègues et élèves mobilisés. S’agit-il de travailler avec l’ensemble d’une classe au sein d’une ou plusieurs disciplines inscrites à l’emploi du temps ? D’utiliser l’accompagnement personnalisé ? De créer une option avec une ou deux heures supplémentaires par semaine ? De proposer un atelier - club sur la pause déjeuner ou après les cours ? ...

La disponibilité d’une salle et de matériel est aussi à envisager. Les ordinateurs sont indispensables pour chercher sur Internet, stocker les contenus (texte, images, sons…), rédiger et mettre en forme. Certaines applications sont inexistantes ou difficilement utilisables sur tablettes.

Quelle fréquence de publication ?

Si le support choisi est un site internet ou un blog, il est important de l’alimenter régulièrement au moins dans ses débuts pour fidéliser les lecteurs.

S’il s’agit d’un support papier, la fréquence de parution, ou périodicité, est à définir en fonction du temps disponible et de l’objectif visé. Certaines classes parviennent à sortir une lettre d’information hebdomadaire, en deux ou quatre pages, à destination des familles notamment. D’autres travaillent tout au long de l’année à la préparation d’un numéro unique.

Sachant toutefois qu’il est alors plus difficile d’évoquer l’actualité de l’établissement et ses temps forts (projets de classe, fêtes de fin d’année, journée déguisée, voyages et sorties scolaires, rencontres de professionnels, vacances d’été…). Certains élèves peuvent aussi se démobiliser si la parution, résultat de leur travail, se fait trop attendre.

Lorsque c’est possible, il est conseillé de prévoir des numéros plus fins mais plus fréquents pour en publier au moins deux ou trois dans l’année. Mieux vaut éviter d’être trop ambitieux et garder un peu de temps pour expérimenter différents outils et façons de procéder.

Quid des autorisations parentales à demander ?

« Autorisation d’enregistrement et de diffusion de travaux »
Les élèves vont produire des textes, peut-être aussi des photographies, des dessins d’illustration, voire des capsules vidéo ou audio dans le cadre d’une publication en ligne ou d’un journal enrichi d’hyperliens ou de QRCodes conduisant vers des contenus complémentaires.
Ces travaux d’élèves, qui sont aussi des données personnelles, sont considérés comme des œuvres au regard de la loi. Pour pouvoir les enregistrer et les diffuser, il est nécessaire de recueillir leur autorisation, ainsi que celle des parents s’ils sont mineurs.

« Autorisation d’enregistrement et d’utilisation de l’image et/ou de la voix »
Les vidéos ou photographies avec les visages des élèves et/ou les enregistrements vocaux nécessitent aussi d’obtenir l’autorisation des élèves (et parents pour les mineurs). Cette autorisation doit, autant que possible, être aussi complétée par les personnes photographiées ou interviewées (il existe une version pour les majeur.e.s).
Dans tous les cas, il convient d’indiquer, le cas échéant, l’adresse des sites ou plateformes où seront publiés les travaux, images, voix des élèves, ainsi que la durée de publication.

Comment anticiper les premières conférences de rédaction ?

Pour renforcer l’adhésion des élèves, il est important de les impliquer dans l’élaboration de la ligne éditoriale, au moins d’expliciter pourquoi telle ou telle décision a été prise en amont, en fonction des objectifs visés, des contraintes et de vos envies.

Plusieurs points sont à aborder lors de ces premières conférences de rédaction :


À qui s’adressera la publication : autres élèves de l’établissement, familles, écoles de secteur, filière particulière en lycée...,
Quelles seront les thématiques abordées, les rubriques phares : projets de classe, évènements liés à l’établissement, actualité locale, nationale, internationale, environnement, orientation, numérique, solidarité, culture…
Sur quel ton, avec quel angle de vue : information très objective à la manière des dépêches AFP, angle alarmiste ou au contraire résolument positif, humour… Au final, quel est l’objectif de ce média, que souhaitez-vous apporter, valoriser, souligner et quelle serait la meilleure manière de le faire compte-tenu du lectorat visé ?
Sous quelle(s) forme(s) : textes, infographies, reportages photos, dessins, bandes-dessinées, romans photos, avec ou sans contenus audio ou vidéo…
Via quel(s) support(s) et media(s) et diffusion : papier (cahier, affiche, flyer set de table…) et/ou numérique (pdf, application dans l’ENT, site de l’établissement, portail du CDI…), site internet, blog (public, privé…)... Sachant qu’il est désormais indispensable de prévoir une consultation confortable aussi sur smartphone. N’hésitez pas à faire des tests avant d’opter pour une plateforme.
Avec quelle périodicité ou fréquence de publication : ce point peut aussi être abordé avec les élèves afin qu’ils se sentent responsables et respectent plus facilement les échéances fixées pour la mise en ligne et l’impression.

Ces décisions dépendent bien entendu les unes des autres. L’essentiel est de garder en tête le lectorat visé, tout au long de la conception du journal ou du blog, notamment lors du choix des sujets et de leur traitement. Si l’un des premiers critères de réussite est de parvenir à publier un numéro, peut-être plusieurs, l’objectif est aussi d’être lu et si possible apprécié, voire attendu.

Nom, logo, slogan éventuel et charte graphique

Une fois le « fond » arrêté, la « forme » reste à définir avec, là aussi, la possibilité de laisser une certaine liberté aux élèves. Il peut être utile de feuilleter et consulter avec eux différents journaux, site ou blogs professionnels et amateurs pour y trouver des idées.

Tout en sachant que la mise en page peut parfois être contrainte par l’outil utilisé. Ainsi, il peut être difficile de positionner certains éléments où on le souhaite avec les applications permettant de créer facilement des journaux et livres en ligne. Elles permettent néanmoins d’obtenir rapidement un résultat très esthétique. Les logiciels présents sur ordinateur (PAO, traitement de texte, présentations, dessin…) offrent beaucoup plus de flexibilité mais il faut davantage de temps pour les prendre en main et peaufiner sa maquette.

Une fois ces « bases » établies, les conférences de rédaction serviront à définir les sujets, leur angle, leur format, le nombre de pages et à les répartir au sein du groupe, ceci pouvant être résumé dans un tableau.

Le rédacteur en chef – enseignant ou un élève tournant ou non – anime les échanges, prend note des propositions, est à l’écoute des envies et arguments de chacun pour trouver un terrain d’entente compte-tenu de la ligne éditoriale, de l’équilibre du journal et des contraintes matérielles.

Attention, pour tenir les délais, il semble indispensable d’établir un rétroplanning avec des dates butoires. Sur un format papier, en fonction de l’outil utilisé et des compétences des élèves, la mise en page peut-être chronophage. Si le magazine est imprimé par un professionnel, renseignez-vous sur le format à lui faire parvenir, la qualité des images, les délais. Un site web ou blog peut être maintenu « privé » ou son adresse non divulguée le temps de soigner la page d’accueil et de publier quelques billets.

Sitographie