La désinformation : quand l’info devient intox

, par Ghislaine Mézin, Sylvain Joseph

Cet article à été initialement diffusé dans le numéro d’avril du journal Epicure (version collège en page 15 et version lycée en page 14)

La quantité d’informations que nous recevons quotidiennement augmente. Elles nous arrivent par de nombreux canaux différents : presse écrite, radio, télévision, réseaux sociaux, internet… Comment gérer cette somme d’informations, mais surtout comment l’évaluer ? Une vraie question face à la multiplication des « Hoax » ou canulars, rumeurs, propagandes ou encore théories du complot qui circulent aujourd’hui.

Tous ces termes regroupent une seule et même réalité : la désinformation, c’est-à-dire la transmission consciente ou non d’une information transformée, tronquée voire totalement fausse ou inventée. Aussi comment s’en prémunir et vérifier la véracité d’une information ?

Désinformation

  • Définition de Vladimir Volkoff : « La désinformation est une manipulation de l’opinion publique, à des fins politiques, avec une information traitée par des moyens détournés. »
  • Le « buzz » : anglicisme signifiant « bourdonnement ».
    Technique consistant à susciter du bouche à oreille autour d’un événement.

Des outils pour tirer le vrai du faux ?

À la base du travail d’investigation du journaliste, le « fact checking » consiste à vérifier la véracité des faits, l’exactitude des déclarations et l’objectivité des médias dans leur propre traitement de l’information. Cette méthode est aujourd’hui mise à l’honneur dans les rubriques de certains journaux, dans des émissions de radio ou de télévision. Elle s’est démocratisée avec l’apparition d’outils utilisables par le grand public. Par exemple, « Hoaxbuster » débusque les canulars du web. « Firstdraftnews » associe des rédactions internationales et les plus importants réseaux sociaux pour édicter de bonnes pratiques à adopter. Le dernier-né, Décodex, le vérificateur d’information du journal Le Monde propose un dossier pédagogique pour exercer son esprit critique et une application à installer sur son navigateur pour vérifier en direct la fiabilité des sites visités. Le but de ces outils est de lutter contre la diffusion virale de fausses informations.

Des limites à prendre en compte

Face à cette offre, il convient de s’interroger. Qui crée ces outils ? Les médias eux-mêmes. Juge et partie, une posture délicate. Se pose donc la question de leur objectivité et de leur impartialité. L’application Décodex ne référence que peu de sites et privilégie les médias traditionnels. De plus, elle évalue un ensemble et non une information unique et ponctuelle.
La révolution numérique a changé notre rapport au temps et à l’information. Notre société privilégie l’immédiateté, le tout, tout de suite. L’information est désormais traitée en temps réel. C’est la course au buzz pour capter l’audience. On ne relate plus ce qui s’est passé, mais ce qui se passe. Et, avec les tablettes et smartphones, tout un chacun est potentiellement un journaliste en puissance. Or valider une information demande du temps. Si la presse écrite est davantage orientée sur le temps long, la radio, les médias numériques et les chaînes d’information en continu sont orientés sur des temps courts.

Exercer son esprit critique

Nous sommes responsables des informations que nous transmettons et à ce titre il nous appartient d’exercer notre esprit critique, y compris avec les outils mis à notre disposition pour nous aider dans notre analyse. Quelle attitude adopter lorsqu’on reçoit une information ?

  1. Identifier la source de l’information : Qui me parle ? Quel est le contexte ? Quel intérêt défend l’auteur ?
  2. Confirmer l’information en la croisant avec d’autres sources.
  3. Lancer des recherches inversées à partir des textes et/ou des images pour consulter les sites à l’origine de l’information.
  4. Face à une image ou à une vidéo, rechercher des indices (éléments architecturaux, environnement géographiques…) permettant d’identifier l’origine de l’image et sa localisation.

La désinformation

Question 1 : Comment t’informes-tu ?
♦ Ce sont mes ami(e)s qui me tiennent informé(e).
♠ Via les réseaux sociaux.
♣ Au travers des médias traditionnels (presse écrite, TV, radio).

Question 2 : À quelle fréquence vérifies-tu les informations que tu reçois ?
♣ Systématiquement.
♦ Jamais.
♠ Lorsque l’information m’interpelle.

Question 3 : Lorsque tu lis une information en ligne, quel est ton 1er réflexe ?
♠ Lire l’information et les commentaires qui l’accompagnent.
♦ La partager immédiatement avec tes amis.
♣ Regarder la source de l’information, son auteur.

Question 4 : Tu viens de recevoir un tweet avec une photo annonçant la chute d’une météorite.
♣ Tu lances une recherche sur l’événement et sur la photo qui l’accompagne.
♦ Tu relaies l’information, mais en émettant une réserve sur sa véracité.
♠ Tu retweetes immédiatement.

Question 5 : Une information qui est retweetée 200 fois est :
♣ Juste un buzz.
♦ Nécessairement vraie.
♠ Une alerte à valider.

Réponses

Tu as un maximum de ♣ : plutôt critique
Tu fais confiance prioritairement aux médias traditionnels pour t’informer. Cependant, tu exerces ton esprit critique et tu prends le temps de vérifier les sources et la fiabilité des informations avant de les partager.

Tu as un maximum de ♠ : adepte de l’instant « t »
Tu aimes être informé(e) en temps réel. C’est pourquoi tu privilégies les réseaux sociaux pour t’informer, même si la rapidité peut entraîner la diffusion de fausses informations. Lorsque tu as un doute, tu vérifies.

Tu as un maximum de ♦ : Totalement confiant
Tu es confiant(e). Ce sont généralement tes amis qui t’informent. Tu leur fais confiance donc tu considères les informations qu’ils te transmettent comme fiables. Tu ne vérifies pas les informations qui te sont transmises.

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